Au secours ! Je suis perdu !
AUX URNES !
Aux Députés de l’Appel au Peuple

Air : du Chant des Ouvriers (de P. Dupont)

Batteurs de blé, batteurs de fer,
Electeurs des champs et des villes,
Vous, les désabusés d’hier,
Vous, qui rêvez des jours tranquilles,
Amour aux bons, guerre aux méchants,
A ces effaroucheurs d’abeilles ;
D’un riche automne ils ont aux champs,
Renversé toutes les corbeilles.

Aux urnes !... Amis protestons,
C’est la paix, c’est la délivrance ;
C’est le salut, c’est l’espérance,
Votons, votons, votons !
Pour Dieu, pour l’Empire et la France.

Souvenons-nous de l’Empereur,
A Sedan, victime suprême,
Où tout fut perdu fors l’honneur,
De l’aveu d’un Prussien lui-même ;
Pourtant des robins émeutiers
Ont insulté notre défaite
Et dans le sang de nos troupiers
Leur république était en fête ;

Aux urnes !... Amis protestons,
C’est la paix, c’est la délivrance ;
C’est le salut, c’est l’espérance,
Votons, votons, votons !
Pour Dieu, pour l’Empire et la France.

Toujours nous les cherchions en vain,
Dans nos rangs, un jour de bataille.
Ils poursuivaient le pot-de-vin,
Quand nous tombions sous la mitraille.
L’or à flots roulant à leurs pieds,
Et de nos os faisant moutures,
Aujourd’hui que de va-nu-pieds
Ont laquais, chevaux et voitures.

Aux urnes !... Amis protestons,
C’est la paix, c’est la délivrance ;
C’est le salut, c’est l’espérance,
Votons, votons, votons !
Pour Dieu, pour l’Empire et la France.

«Le suffrage nous vengera»
Des sots, des ingrats, des outrages ;
Demain le peuple choisira,
Entre les fous, entre les sages ;
Nous tous enfin, rendons aux morts
La sainte et tardive justice.
Laissons septembre à ses remords.
La France a vidé son calice.

Aux urnes !... Amis protestons,
C’est la paix, c’est la délivrance ;
C’est le salut, c’est l’espérance,
Votons, votons, votons !
Pour Dieu, pour l’Empire et la France.

Le FILS est encore en exil ;
Mais un grand peuple le rappelle.
«Qu’il revienne chargé, dit-il,
«De la dépouille paternelle.
«Il est sacré de par nos voix.
«Que parmi nous l’aiglon respire.
«Nos bras, nos cœurs sont les pavois
«Qui le porteront à l’Empire.»

Aux urnes !... Amis protestons,
C’est la paix, c’est la délivrance ;
C’est le salut, c’est l’espérance,
Votons, votons, votons !
Pour Dieu, pour l’Empire et la France.

Chant de 1877

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