HISTORIQUE SOMMAIRE DU 4ème RÉGIMENT D'INFANTERIE PENDANT LA GUERRE 1914-1918 |

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CHAPITRE I DÉPART
Mobilisation : Le 4ème régiment d'infanterie, au début de la guerre, constitue, avec le 82ème, la 17ème brigade qui forme avec la 18ème (113ème et 131ème R.I.) la 9ème division. Les 9ème et 10ème divisions appartiennent au 5ème corps d'armée. Composé de Parisiens, de Morvandiaux et surtout de Bourguignons, il tient garnison à Auxerre. Concentration : Le régiment, plein d'enthousiasme, quitte Auxerre le 5 août 1914, sous le commandement du lieutenant-colonel Defontaine. Le 1er bataillon, détaché à Troyes (camp de Mailly), est conduit directement au point de concentration par le commandant Ordioni. Le 2ème bataillon est aux ordres du capitaine Brillat ; le 3ème bataillon a pour chef le commandant Lambert. Le 6 août, le régiment débarque à Sampigny et gagne Woinvile, où il reçoit l'ordre de s'installer défensivement face à Metz. Le 21, après avoir parcouru 40 kilomètres sous une chaleur accablante, il gagne la frontière belge. CHAPITRE II BELGIQUE - MEUSE– ARGONNE
Combat de Signeulx (22 août) - La 9ème division doit attaquer sur le front Signeulx-Gorcy. Le 4ème R.I. a pour objectif Mussy-la-Ville. La marche s'exécute dans un brouillard intense. Les 2ème et 3ème bataillons partent à l'assaut avec entrain, mais l'ennemi, bien retranché, les accueille par un feu terrible. Sous le nombre et la mitraille, il faut se replier. Le soir, quand les débris du régiment se regroupent à la ferme de Bouillon, l'étendue des pertes apparaît : 18 officiers, 1.200 hommes sont mis hors de combat. Retraite (22 - 26 août 1914). - Du 22 air 26 août, le régiment fait retraite sous le feu d'artillerie. Le 26, ordre lui est donné d'aller s'établir sur la rive gauche de la Meuse. Combats de Doulcon (30 août) - Cierges (2 septembre) - Varennes (3 septembre). Le 30 août, les 1er et 3ème bataillons attaquent le village de Doulcon. Deux fois, ils s'élancent courageusement à la baïonnette sans pouvoir l'aborder. Le 2 septembre, partant d'Épinonville, le régiment se porte au bois de Beuge. Il a à sa tête le général Marquet, commandant la 17ème brigade, et le lieutenant-colonel Defontaine. L'enthousiasme des premiers jours remplit tous les cœurs. Les allemands n'osent soutenir l'attaque : ils fuient et abandonnent Cierges. Mais à gauche, l'ennemi a réalisé une grosse avance ; il menace de couper la ligne de retraite. En hâte, le régiment doit partir. Il traverse Véry, Varennes. Le corps d'armée tout entier doit utiliser, pour effectuer son repli, l'unique grande route qui se dirige sur Clermont. Il faut à tout prix arrêter l'ennemi jusqu'au soir devant Varennes. Le 4ème en est chargé. Les troupiers, déjà las, remontent le chemin parcouru. Les unités prennent position. L'ennemi commence sa préparation d'artillerie ; les bataillons tiennent ferme jusqu'au soir en dépit de lourdes pertes. Enfin, la nuit venue, les boches s'élancent à l'assaut. C'est alors seulement que les derniers fantassins et le lieutenant-colonel Defontaine quittent le village. La ténacité du 4ème a donné au corps d'armée le temps de s'écouler. Bataille de la Marne (5 - 10 septembre). - Enfin, on s'arrête. La bataille de la plaine va commencer. Le 6, près de Vaubécourt, les 1er et 3ème bataillons arrêtent net une forte attaque allemande. L'ennemi pousse alors sur la gauche un nouvel assaut qui, progressant à couvert dans le bois de Brouennes, va prendre à revers les deux bataillons du 4ème. Mais la 2ème compagnie (capitaine Guillaume) a décelé ce mouvement ; elle fait face aux assaillants, bien supérieurs en nombre, et les contient énergiquement. Le 7, le régiment défend les lisières du bois Defuy devant Rembercourt-aux-Pots. Une attaque boche débouche sur sa droite. Les 1er et 3ème bataillons la prennent de flanc et la brisent. Le 9, nouvelle attaque : deux fortes colonnes s'élancent du nord et de l'ouest. Une défense opiniâtre s'organise. L'ennemi subit de très lourdes pertes. Poursuite de l'ennemi. - Le 10 septembre au soir, les survivants du 4ème se retrouvent près de Condé-en-Barois. C'est alors la reprise de la marche en avant. Le régiment poursuit l’ennemi par Condé, Vaubéconrt, Foucancourt. Clermont et Aubreville. Le 15 septembre il occupe Vauquois et Cheppy, où il se maintient malgré les efforts acharnés de l'ennemi. CHAPITRE III L'ARGONNE
Après avoir organisé les abords de la ferme de Rochamps et du château d'Abancourt, les bataillons vont, le 5 octobre, relever un régiment en première ligne, à proximité de la route Varennes-Four-de-Paris. Combats de la côte 263 (28 octobre - 5 novembre1914). - A la fin d'octobre, le régiment attaque la côte 263, éperon situé à la lisière orientale de l'Argonne, à hauteur de Boureuilles. Le 5 novembre, le sommet est entièrement à nous. Combat de Vauquois (10 novembre - 10 décembre 1914) - Après un court séjour à Lochères, le 4ème occupe un secteur au pied de la bute de Vauquois. Les 8 et 9 décembre, le régiment prend part à une large opération sur Vauquois. L'attaque est menée avec un entrain et une audace remarquables. Malgré tout, le sommet ne peut être enlevé. Combats de Boureuilles (20 - 26 décembre 1914) - A la fin de décembre les 1ère et 2ème compagnies attaquent le village de Boureuilles. Elles progressent résolument jusqu'aux fils de fer de l'ennemi et s'accrochent au terrain avec une ténacité qui leur vaut les éloges du général de division. Deux sections de la 1ère compagnie (lieutenant Gigot) sont citées à l'ordre du jour. Le général commandant la 9ème D.I. cite à l'ordre de la division :Combats de la Haute-Chevauchée, ravin des Meurissons, côte 263 (9 - 28 janvier 1915). - Le 6 janvier 1915, le régiment quitte le secteur de Vauquois. A peine installé au repos, il reçoit l'ordre de départ. Les positions de la Haute-Chevauchée ont été violemment attaquées ; les réserves contiennent l'ennemi avec peine. Il faut leur porter secours. Les 2ème et 3ème bataillons gagnent le ravin des Meurisons, et, le 9 janvier, ils contre-attaquent. Les pertes sont sévères le capitaine Moissonnier, les lieutenants Millot et Nourrigat sont tués en tête de leurs hommes. La ligne se stabilise, et durant douze jours, par une température rigoureuse et sous une fusillade intense, pelles et pioches fonctionnent sans relâche. Pendant ce temps, le 1er bataillon intervenait à la côte 263 par une vigoureuse contre-attaque au cours de laquelle son chef, le commandant Monhoven, trouve une mort glorieuse. Combats du plateau de Bolante, ravin des Meurisons (20 janvier - 3 avril 1915) - Dès le début de février, le régiment tient les lignes du plateau de Bolante, ravin des Meurissons. Quelques petites mines de part et d'autre commencent à exploser. Le 16 février, l'ennemi ouvre dès le matin un violent bombardement. A 9 heures, il fait jouer cinq mines puissantes qui bouleversent totalement nos tranchées. L'attaque suit aussitôt. Les compagnies qui occupent le plateau de Bolante, séparées des autres éléments en ligne par le ruisseau des Meurisons, résistent énergiquement. Mais le 135ème R.I. prussien parvient à s'établir sur notre première ligne et à s'infiltrer derrière la seconde. Les survivants de la 4ème compagnie (capitaine Boeswilwald), cernés de trois côtés, tirent jusqu'à leurs dernières cartouches. Quand ils succombent, après s'être battus au corps à corps, il y a déjà près de sept heures que l'attaque est commencée. Plus à droite, vers le versant nord des Meurisons, l'assaillant a pu progresser sérieusement. La situation est critique. L'adjudant Peyrou groupe autour de lui les plus braves de la 11ème compagnie. Grimpés sur le parapet, ils tirent jusqu'à ce que l'ennemi s'arête. Leur résistance permet l'arrivée des renforts, qui rétablissent la situation. Attaques de la Haute-Chevauchée (4 - 5 - 6 avril 1915). - Le 4 avril, jour de Pâques, le régiment se porte à l'attaque. Seuls quelques éléments peuvent parvenir jusqu'à la position boche. Le sous-lieutenant De Lignières est tué au milieu des fils de fer ennemis. Le sous-lieutenant Rouille (Louis), qui a fait aplatir sa section devant la rafale, se met à genoux et épaule tranquillement ; une bale l'étend raide mort. Le lendemain 5, nouvelle attaque. Elle ne peut déboucher des tranchées. Le 6 au matin, troisième tentative, les clairons sonnent la charge ; le régiment sort en masse, au bout de quelques secondes il est arrêté net. Le soir, une dernière sortie ne donne pas plus de résultat. Les pertes sont cruelles. Du 7 avril au 15 juin 1915. - Le régiment reste dans le même secteur jusqu'au 15 juin. La lutte devient de plus en plus dure. La guerre de mines se développe. En mai, deux ou trois fourneaux explosent chaque matin. |