PHYLLOXERA (1) |
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Description et mœurs. - Le Phylloxera vastatrix, qui depuis 1865 a ravagé tout notre vignoble français, est sans
contredit le plus terrible ennemi de la vigne. Il a ceci de particulier aussi, c'est que ses ravages ont été toujours en croissant et non localisés dans
quelques régions.
Originaire de l'Amérique du Nord, il a été importé en Europe par divers pépiniéristes avec des plants de ce pays. Sa rapide propagation en France provoqua de nombreuses études, en vue de rechercher ses mœurs et les meilleurs moyens propres à amener sa destruction. C'est grâce surtout aux travaux de MM. Planchon, Balbiani et Maxime Cornu, que les mœurs de ce redoutable insecte sont aujourd'hui bien connues. La vie du Phylloxera comprend plusieurs phases très distinctes et successives à partir de l'œuf primordial ; ce sont les suivantes : 1 ° Femelles sans ailes, vivant sur les feuilles ou sur les racines et se reproduisant sans avoir été fécondées (par parthénogenèse) ; 2° Nymphes ; 3° Femelles ailées se reproduisant par parthénogenèse ; 4° Mâles et femelles sexués. L'œuf unique qui remplit tout l'abdomen de la femelle sexuée est pondu vers le mois de septembre sous l'écorce de la vigne, surtout de celle de deux ans qui est plus adhérente : c'est l'œuf d'hiver. Cet œuf est elliptique, de couleur jaune passant au verdâtre, un pédicelle le fixe à son point d'attache et ses dimensions sont si petites qu'il n'est presque pas visible à l'œil nu, puisqu'il mesure en moyenne 0,22 mm sur 0,12 mm. Dans le courant d'avril, il sort de cet œuf unique un petit être (fig. 1 et 2) long de 0,25 mm, atteignant plus tard 0,45mm, de couleur jaune clair, et qui se distingue de ce qu'il sera plus tard par ses longues pattes et son agilité. Il se porte, en effet, rapidement sur les feuilles de la vigne, principalement dans les plants américains, tandis qu'il se dirige surtout du côté des racines dans les plants français.
GALLICOLES. - Dans le premier cas, la piqûre de ce jeune Phylloxera détermine, sur la face inférieure des feuilles, des galles
ouvertes à la partie supérieure et dans laquelle il s'enferme pour se transformer après trois mues en mère pondeuse (fig. 3 et 4).
Celle-ci pond alors sans avoir été fécondée de cinq à six cents œufs d'un jaune très vif au début et qui prennent dans la suite une teinte de
plus en plus brune ; de ces œufs sortent des jeunes qui se répandent bientôt hors de leur nid pour former, les uns de nouvelles galles, non seulement
sur les feuilles, mais aussi sur les pétioles, sur les vrilles et sur les tiges vertes (fig. 5), tandis que d'autres se dirigent vers les racines pour
se joindre à ceux qui proviennent directement de l'œuf d'hiver.
Cette forme gallicole (produisant des galles) n'est pas bien dangereuse pour les feuilles.
Elle ne fait que les déformer, et, par suite, elle entrave un peu leur rôle physiologique.
Chacune de ces galles proéminentes à la face inférieure, et d'un vert plus clair que le parenchyme, est garnie à l'intérieur et surtout à l'extérieur d'une foule de poils courts et raides, elle s'ouvre à la face supérieure par une fente étroite pressentant des poils sur tout son pourtour (fig. 6, 7, 8) ; leur cavité renferme toujours une mère pondeuse, quelquefois deux ou trois, entourées d'œufs ou d'insectes jeunes (fig.9).
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